8 choses à considérer lors du choix d’un hybride d’ensilage de maïs

D’abord et avant tout, il est important de bien s’entourer! Consulter une compagnie de semences de confiance, des professionnels de ventes et des agronomes qui connaissent la région et leurs produits! Souvent, ils ont observés leurs produits (et les produits de la conccurence) en plein champ ou en parcelle, et ils seront en mesure de vous conseiller dans le choix de l’hybride adapté à vos champs. Pas un champ n’est pareil, chaque producteur à sa façon de travailler et le choix de l’hybride doit être fait en fonction de plusieurs paramètres! Ces expériences locales sont plus importantes pour positionner les produits, plus que les cotes d’évaluation qu’on retrouve dans nos bon vieux guides de semences.

Ceci dit, aucune décision n’est complétée avec vos experts locaux sans considérer ces huit points :

1. Maturité

Récolter un ensilage à maturité avant le gel, c’est optimiser sa qualité de fourrage. La plupart des hybrides sont cotés sur différentes caractéristiques telles que la cote comparative de maturité (CCM), la cote comparative de maturité à la sortie des soies (CCM soies) et la cote comparative de maturité physiologique (CCM physiologique, au point noir). Par contre, il n’y a aucun standard dans l’industrie par rapport à ces chiffres ce qui rend difficile les comparaisons entre compagnie. La CCM représente probablement l’indicateur le plus fiable pour déterminer si l’hybride peut maturer suffisament pour être fait en ensilage ou en grain dans la région. Il est à noter qu’au sein de la même plateforme d’hybride, l’insertion de technologie peut faire varier la maturité.

2. Cote comparative de maturité à la sortie des soies (CCM soies)

La sortie des soies est, à chaque année, un indicateur important. Une floraison tardive est souvent synonyme de potentiel de rendement plus élevé. Cependant, dans nos régions plus froide, une floraison tardive représente un certain risque avec nos automnes qui refroidissent vite et nos printemps qui font démarrer le maïs plus lentement. Il faut faire attention à ces hybrides au nord de leur zone, lorsqu’on veut tricher sur la maturité. Sur les fermes qui travaillent avec plus d’une variété, le choix de deux variétés avec CCM soies différentes permet de répartir le risque de mauvaise pollinisation dû à de mauvaises conditions météorologiques lors de la floraison. On ne met pas tous nos oeufs dans le même panier!

3. Les traits technologiques

Les besoins en technologies varient beaucoup de régions en régions, particulièrement dans les cas de pyrale ou chrysomèle des racines du maïs. La rotation des cultures est une pratique importante qui diminue les besoins d’utilisation de ces technologies. Nous avons la chance d’avoir beaucoup de choix de cultures en rotation particulièrement au Bas-St-Laurent, ce qui diminue de beaucoup les risques d’infestations sévères. Les agronomes et représentants locaux seront les mieux placés pour vous conseiller à cet effet.

4. Les traits agronomiques

Les facteurs importants à considérer, particulièrement dans nos régions :
- L’émergence au stress. Particulièrement important dans nos régions froides. Les stress à l’implantation sont multiples.
- Adaptabilité aux populations élevées, pour optimiser le rendement à l’acre produit en ensilage.
- Résistance à la verse, parce qu’une mauvaise tenue peut diminuer de beaucoup le rendement à l’acre.

5. Résistance aux maladies
Tout comme pour les traits agronomiques, n’oubliez pas de discuter de vos besoins en matière de résistance aux maladies et parler de la résistance des hybrides qui vous sont proposés face à ces maladies. Les maladies foliaires auront une incidence sur la santé de la plante, et éventuellement sur le rendement et la qualité du fourrage récolté. Idem pour les maladies de l’épi, desquelles peuvent découler des problèmes de toxine ou de qualité de votre ensilage.

Pour les trois traits spécifiquement ensilage suivant, veillez à discuter avec vos professionnels de ventes de valeurs absolues sur le tonnage, le contenue en amidon et la digestibilité relative plutôt que de regarder les scores de catalogues. Les conditions locales vont grandement influencer ces valeurs et ce. Nous prenons la peine de faire des parcelle à l’échelle locale justement pour aller chercher ces valeurs représentatives. La comparaison entre hybride à ce niveau amène des chiffres très intéressants.

6. Rendement de la plante entière (tonnage)

Ce trait est particulièrement influencé par la population au champ, la hauteur du plant et le contenu en amidon (épis). Il faut cependant comparer des pommes avec des pommes! Comparez les rendements à des taux de matière sèche équivalent pour aller chercher une comparaison valable.

7. Contenu en amidon

Le contenu en amidon est de loin le facteur le plus important à considérer dans le choix de l’hybride, car il contribue directement à la quantité d’énergie contenue dans l’ensilage de maïs. De plus, la recherche a clairement démontré que l’amidon n’était pas moins digestible à des maturités plus avancées du grain. On a donc avantage à attendre au moins la demi-ligne de lait avant d’ensiler. Si c’est possible de garder la plante suffisamment en santé pour amener le grain plus loin dans sa maturation, c’est encore mieux! L’épi représente à lui seul 60% du rendement en plante entière de l’ensilage de maïs, pensez-y!

8. Digestibilité de la fibre

Il y a peu différence en terme de digestibilité d’une génétique à une autre dans les hybrides d’ensilage conventionnels. Ce qui influencera le plus la disgestibilité, c’est l’environnement dans lequel le plant va croître pendant sa phase végétative. Les recherches démontrent que l’environnement influencera trois fois plus la digestibilité de la fibre que la génétique elle-même. Dans le cas de maïs ensilage BMR, il y a assurément un avantage de digestibilité. Il faut cependant faire attention aux traits agronomiques comme la verse qui peut être un problème lorsqu’on utilise cette technologie. Autre point important, lorsque vient le temps de comparer la digestibilité des ensilage, assurez-vous de noter le temps d’incubation utilisé dans les analyses (24, 30, 48) heures. Comparer des pommes avec des pommes!